Réussir une émulsion

Comme pas mal de monde, quand j’ai commencé à créer mes cosmétiques, j’avais une peur bleue de faire une crème à partir d’une émulsion. Pour moi, cela signifiait une étape impossible à réussir. Et pourtant… J’ai pu par la suite constater qu’une émulsion, c’est simple à faire et à réussir !

Voilà une petite explication sur ce procédé :

Définition trouvée sur ce site :

Une émulsion est la dispersion d’un liquide en fines gouttelettes dans un autre liquide. Ces deux liquides doivent être non miscibles et avoir des solubilités différentes. Le liquide sous forme de gouttelettes est appelé phase dispersée (ou discontinue), tandis que l’autre liquide est appelé phase dispersante (ou continue). Les émulsions sont considérées comme étant des systèmes dispersés.

Dans la cosmétique maison, une émulsion se crée depuis une phase aqueuse (eau et/ou hydrolat(s)) et d’une phase huileuse (huile(s) végétale(s) et émulsifiant). L’émulsifiant va permettre aux deux phases de se mélanger et de rester ensemble.

Les composés utiles dans la création de cosmétiques « maison »

Les huiles végétales

Les huiles végétales nourrissent et protègent la peau car elles sont riches en acides gras, en vitamines et en actifs naturels. Ces huiles constituent l’ingrédient de base pour la fabrication des baumes et des crèmes. On les utilise également pour la création de shampoing solides.

Il est nécessaire de choisir des huiles de première pression, à froid, et si possible bio pour créer un cosmétique de qualité et naturel.

Chaque huile végétale a un indice de pénétration dans les couches de la peau. Prenons comme exemple une huile végétale pour chaque couche:

  • l’huile végétale d’Avocat va pénétrer dans la couche cornée de la peau (Stratum Corneum)
  • l’huile végétale d’Argan va  être absorbée dans l’épiderme (Epidermis)
  • l’huile végétale de Calophylle va aller s’introduire dans la couche du derme (Dermis)
  • Pour finir, l’huile végétale de noisette va s’infiltrer dans l’hypoderme (hypodermis)

Il est intéressant de choisir précisément les huiles végétales que l’on veut mettre dans une crème faite maison, car son « lieu d’action » diffère selon les huiles végétales.

Les hydrolats ou Eaux florales

Les hydrolats sont issus de la distillation des huiles essentielles (article le procédé de la distillation ici).

Ce sont de véritables actifs qui remplacent ou accompagnent la phase aqueuse dans la fabrication de cosmétiques maison.

Comme exemple, un hydrolat très apprécié par plusieurs personnes est l’hydrolat de Rose de Damas. Il permet de lutter contre le vieillissement cellulaire de la peau et apaise les rougeurs et le prurit.

Les hydrolats ne sont pas déconseillés aux femmes enceintes car ils ne contiennent que 0.01 à 0.04% d’huile essentielle, pourcentage trop faible pour influencer la grossesse ou le développement du fœtus.

Comment reconnaître une « vraie » huile essentielle ?

De nombreux marchés et magasins vendent des huiles essentielles qui ne sont pas véritablement bio et 100% naturelle, souvent avec des ajouts chimiques. Dès lors, il est difficile pour le consommateur de connaître la qualité des huiles essentielles achetées.

Il faut savoir que chaque huile essentielle doit avoir une étiquette qui contient plusieurs éléments:

  • La nomenclature binominale internationale
    • Nom latin de l’espèce de plante utilisée
  • Le chémotype (ou spécificité biochimique) si cela est nécessaire (CT)
    • Le chémotype correspond à la région où la plante est cultivée et distillée. Suivant le chémotype de l’huile essentielle, les spécificités de l’huile essentielle sont différentes.
      • Prenons comme exemple l’huile essentielle de Thym: il existe plusieurs huiles essentielles de Thym, qui ont chacune des propriétés particulières (par exemple: le Thymus vulgaris CT linalol, le Thymus vulgaris CT  thujanol, etc.)
  • Le mode de culture
    • Sauvage
    • Bio
    • Contrôlée
  • La partie de la plante utilisée
  • La provenance
  • Le numéro de lot
  • La date d’expiration
    • A savoir qu’une huile essentielle ne périme jamais. La date inscrite correspond à des normes et des lois en vigueur dans ce domaine.
  • Parfois, les analyses en laboratoires (il en faut un certain nombre pour avoir les normes dites ISO)

Les voies d’application

La voie olfactive

C’est la voie la plus sécuritaire.

Il y a plusieurs possibilités:

  • La diffusion : il est conseillé de mettre 5 à 10 gouttes (dépend du modèle du diffuseur). Il ne faut jamais chauffer une huile essentielle car elle perdrait toutes ses propriétés. Le mieux est d’adopter une diffusion avec un diffuseur à froid !
  • L’inhalation : solution pratique et simple. Il suffit de mettre 5 gouttes d’huiles essentielles pour un adulte et 2 gouttes pour les enfants. Inhaler avec un linge qui couvre le bol et la tête. Ne pas mettre d’huiles essentielles dermocaustiques (par exemple, la Cannelle).

  • Les Aromasticks : super simple et pratique car on peut les prendre sur soi en toute circonstance ! Il faut mettre 20 gouttes d’huiles essentielles. Un stick se conserve en moyenne 2-3 semaines et peut être rechargeable.

  • Les sprays : simples d’emploi et rechargeables. Ils sont composés d’alcool à 90° (dosé en général à 95-97%) et d’huiles essentielles (concentration de 3 à 5%).

Cette voie d’administration est extrêmement simple à utiliser et a un impact non négligeable sur le côté psycho-émotionnel.

Notions théoriques (simples et brèves) sur l’aromathérapie

Définition 

L’aromathérapie vient du latin « aroma », arôme, et de « therapeia », soin, cure. L’aromathérapie est l’utilisation des essences (huiles essentielles) dans un but thérapeutique.

Pour faire simple, l’aromathérapie s’intéresse à la partie odorante volatile et éthérée extraite des plantes et végétaux, contrairement, par exemple, à la phytothérapie qui s’intéresse plus à la plante dans son entier. On peut extraire les essences et les huiles essentielles de plusieurs parties de la plante ou du végétal (feuille, racines, fleurs, zestes, aiguilles, etc.), ce qui donne une diversité dans les huiles essentielles produites.

Historique de l’aromathérapie

On peut résumer l’histoire de l’aromathérapie par plusieurs grands événements principaux:

Il y a 40’000 ans les aborigènes d’Australie utilisaient les fumigations et le Tea-Tree pour soigner leurs maux !

En Chine et en Inde, le corps physique et l’âme (Âyurveda) étaient soignés par des décoctions.

Les Égyptiens, eux, utilisaient des remèdes conçus sous forme de gélules, suppositoires, onguents, etc. C’est à cette époque que le premier alambic fut cré (en 3500 av. J.-C).

Par la suite, Hippocrate (en 400 avant JC), a mis en relation un remède végétal avec chaque pathologie de son époque.

Les pays arabes vont faire grandement progresser l’aromathérapie. La première huile essentielle pure, l’huile essentielle de Rose, a été produite par Avicenne (médecin et philosophe). Il utilisa pour cela un alambic et procéda à une distillation à la vapeur d’eau.

Gattefossé, l’un des principaux fondateurs de l’aromathérapie dite moderne, a introduit en 1928 le terme « aromathérapie »: il a également écrit plusieurs ouvrage, dont un livre sur l’aromathérapie (Livre).

En 1984, Jean Valnet a proposé des traitements à base de plantes pour plusieurs pathologies. (livre)

Modes de production d’une huile essentielle

Les deux modes de production principaux sont :